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Du blanc et de l’antique

July 27, 2017

Après avoir tristement quittés nos amis d’un soir, nous filons à Pamukkale. Pas franchement renseignés sur la place, nous n’en avons été que plus agréablement surpris. Il est vrai que depuis le départ nous arrivons fréquemment les mains dans les poches et vierges de toutes connaissances. Ce qui amène à des situations cocasses et des questionnements existentiels au ras des pâquerettes. « Pourquoi c’est tout blanc? Ah ben du sel! Non de l’argile plutôt. Et puis en fait j’en sais rien! » « Et tu crois que c’est d’époque? » Mais au moins nous découvrons tous ces endroits sans idées préconçues! Après de sérieuses recherches (j’entends par sérieux tout ce qui ne vient pas de Wikipedia, puisque ce cher ami ne semble pas avoir les faveurs de la Turquie), il s’avère que ce paysage irréel résulte de la coulée de sources chaudes chargées de calcite (argile/calcite on n’était pas loin…) ayant forgé la colline pendant plusieurs millénaires. On se croirait dans une forêt minérale remplie de cascades pétrifiées et de vasques en gradin. Pamukkale en turc veut dire « Château de coton ». C’est plutôt bien trouvé! Je m’extasie à chaque pas, la roche offrant une myriade de motifs évoluant au fil de l’eau. Bien sûr nous ne sommes pas seuls, mais l’espace rend la chose moins oppressante. Dans les recoins des bassins on trouve qui un enfant faisant trempette, qui une starlette en bikini posant pour remplir son profil facebook, qui un couple d’octogénaires les pieds dans l’eau. L'Unesco a tenté par le passé d'interdire l'accès aux touristes pour préserver le site, mais a finalement opté pour une solution moins radicale. Le parcours est désormais délimité et nous n'avons plus accès aux bassins naturels. Ceux dans lesquels nous avons pataugé sont le travail de l'homme. Mais nous pourrions presque y croire!

 

 

 

 Le spectacle aurait pu s’arrêter là. Mais ce qui nous éblouit aujourd’hui n’est pas passé inaperçu il y a 2 millénaires. Après l’ascension les pieds dans l’eau, nous arrivons à Hierapolis, perchée sur le plateau. Cité thermale fondée pendant la période hellénistique, elle trouve son apogée sous le règne des Romains. Elle attirait alors énormément de malades qui venaient ici faire des cures, et c’est pourquoi on y trouve des sépultures en grand nombre dans une immense nécropole.. Pour la petite anecdote, on profitait également de ces sources chaudes pour le dessuintage et le séchage de la laine.

Aujourd’hui, on y trouve une « piscine antique » pour touriste en mal de colonnades. Un Vegas aquatique quelque peu décalé et déconcertant. Nous sommes venus, nous avons vu, et nous sommes repartis déçus. Surtout Hugo qui rêvait de faire quelques brasses en touchant de l’orteil les ruines antiques.

Nous nous dirigeons alors vers le théâtre antique. Du moins Hugo se dirige. Je traine des pieds en soufflant. Encore un théâtre… C’est fou ce que l’être humain peut être blasé rapidement devant la répétition. Une fois en haut, je ne dis pourtant plus rien. Et pour cause. Le théâtre est en train d’être restauré et c’est de loin le plus impressionnant que nous ayons vu. Une grosse mouche bourdonne dans mes oreilles et je prends peur. De grosse mouche, il n’y a point. Un drone est en train de faire mumuse dans le théâtre, frôlant les marches et la scène. Je n’aime définitivement pas ces robots volants. 

 Le soir nous ne dormons pas loin. À peine arrivés sur notre spot, choisi pour sa vue dégagée sur tout le site, nous nous faisons inviter par plusieurs jeunes originaires de la ville, charmés eux aussi par le panorama. La plus jeune parle anglais et nous raconte l’histoire du mythe de Pamukkale. Une jeune princesse, à qui son père aurait refusé son mariage avec celui qu’elle aimait, se serait jetée des falaises et de sa tristesse serait né ce paysage. Un mythe semblable à celui de Pyrène qu’on me contait dans mon enfance. À croire que tous les endroits magnifiques résultent d’un amour déchu. On ne pas tout avoir!

L’anglais de la jeune fille nous permet également d’en apprendre un peu plus sur la jeunesse turque. Elle n’a qu’un souhait, comme beaucoup de jeunes ici par les temps qui courent: quitter le pays avant qu’il ne s’enfonce dans une dictature sans retour aux libertés bafouées. Sa liberté à elle, sa liberté de femme, s’arrête là où commence l’autorité de son père. Elle nous dit en souriant qu’elle se considère comme une féministe. Et je veux bien la croire, moi qui n’ai jamais eu à me poser la question. Elle finira la soirée malade. Le vin grec liquoreux ne fait pas bon ménage avec les féministes…

À notre réveil, petite surprise sympathique.

 Nous sommes en réalité sur un point de départ de deltaplanes, et plusieurs tandems passent au dessus de nos têtes. Hugo hésite. Il demande le prix. Hésite à nouveau. Négocie. Puis hésite. Et puis non finalement, le grand garçon veut sauter tout seul. Ce sera pour une prochaine fois! Et puis nous commençons à être pressés. La Grèce nous a conquis et nous a pris de notre temps. Nous devons être dans 3 mois en Chine et nous ne voulons pas continuer à courir. Nous filons donc vers la Cappadoce.

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