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Meringues, montgolfières, monastères et galères

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La Cappadoce, tout le monde connaît. Au moins de visu. Placée sur la seconde marche du podium touristique turc, elle attire son lot de curieux. Des photos, nous en avions vu, bu, à la limite de l’intoxication. Mais comme souvent, la réalité dépasse l’imaginaire. Ces gros cailloux, que j’ai solennellement rebaptisés « meringues de pierre », appelées communément ici « cheminées de fées » résultent de l’érosion et du travail incessant des volcans alentours sur plusieurs millénaires.

Collines portant en leur centre ces érections de la terre, parois rocheuses criblées de fenêtres, églises byzantines taillées au sein même de la pierre friable, colonnades soutenant des montagnes... Envolé le principe de construction par l’assemblage! Pour édifier un lieu de vie, un lieu de culte, un lieu de rassemblement, on retire, on effrite, on taille, on sculpte. On ne défie plus la nature mais on l’utilise pour ses ressources.

Un peu d’histoire: les premiers signes monastiques remonteraient au IVème siècle, suivant les enseignements de Basile le Grand, évêque de la grande ville voisine. Y seront érigées grand nombre d’églises byzantines troglodytes post-iconoclastes, visibles seulement en Cappadoce. Plus tard, c’est pour fuir les invasions arabes que les populations se réfugieront dans les villages cachés dans les falaises et les cités souterraines. Les Turcs Seldjoukides, arrivés vers 1200 de notre ère, sonneront le glas de cette ère prospère.

Bref, nous en prenons plein les yeux, les mollets et les roues. Parce que oui, la Cappadoce est un terrain de jeu idéal pour Pépère. Premiers offroad dans le lit d’une rivière, dans des chemins de terre qui n’ont de chemin que le nom, entre deux parois où même notre rétro nous dira merde. Les bivouacs sont à couper le souffle. Pépère se pose fièrement au bord du précipice, narguant la roche rosie par le soleil. Nous multiplions les demi-tours dans un mouchoir de poche. Hugo serre les dents pendant que mon cœur se serre. Je n’ai pour l’instant pas l’once d’une aventurière tout-terrain en moi. Il paraît que tout ça vient avec le temps. Ça tombe bien, j’ai plein de temps et plein de choses à apprendre. 

 

 

 

 

La « Jandarma » en profitera pour nous refaire un coucou, cette fois-ci à trois heures du matin. Encore dangereux l’endroit. Encore interdit l’endroit. Encore protégé l’endroit. Mais nous ne déménagerons pas. Ils rebrousseront chemin tout seuls, certainement usés par la persistance d’Hugo. 

Le lendemain au réveil, ledit danger passe au-dessus de nos têtes. À cinq mètres de Pépère s’envole une montgolfière, soufflant au rythme d’un chalumeau éreinté. Un bruit un temps identifié comme une sévère fuite de gaz de notre cuisinière depuis les tréfonds de mes rêves cotonneux. En regardant par le hublot, on aperçoit vite ses congénères. Pas loin d’une centaine prennent leur envol à la faible lueur du matin. Bien sûr, c’est celles-ci de photographies que nous connaissions. Le ciel n’a plus de place à offrir, il n’est que montgolfière. Les jours précédents, nous les avions bêtement cherchées toute la journée. Mais quand on se lève à huit heures, elles ont déjà sombré dans un sommeil de plomb. Bref, nous étions des jetlagués du ballon. 

Notre périple turc touche à sa fin. Mais avant ça, direction Trabzon pour un petit ravitaillement pneu. Le garage ne peut pas s’occuper de notre bolide tout de suite, alors ce sera les montagnes avoisinantes, dans lesquelles les monastères jouent à cache-cache. Un monastère perché à 300 mètres de haut à flanc de falaise, ça te remet vite dans le contexte, toi qui fièrement te vantais de dormir dans des endroits exceptionnels. Les moines construisaient leurs forteresses là où même les chèvres ne daignaient passer. Aujourd’hui ils font du fromage. En France. Ici, bien sûr, ils sont partis depuis longtemps. Mais ils ont semé leurs bâtisses défiant les lois de la gravité tel le Petit Poucet, comme une preuve de leur ingéniosité et de leur puissance.

 

 

Les pneus sont arrivés. Demain, la Géorgie nous ouvrira ses portes. Ou pas. À 17 heures pétantes, le volant pique sérieusement du nez sur la gauche pendant que nos roues indiquent elles une direction parfaitement droite. Mais nous verrons ça lundi hein, parce que quand c’est l’heure, c’est l’heure. Il y a bien cette chose aussi que je me dois d’acquérir: la patience. Hugo rage, mais reste philosophe. Nous sommes toujours plus soudés dans l’adversité. Surtout quand l’adversité revêt le visage d’un garage turc où les sourires édentés te disent juste d’aller te faire voir parce que l’horloge sonnent le glas.

La Géorgie s’éloigne, le frigo est vide, Pépère déborde de linge sale et il pleut. C’est l’occasion idéale de tester nos 3 mètres carrés en compagnie d’une boite de maquereau. Flagrance divine que je conseille à tous ceux qui aiment la solitude. Demain, il fera jour!

Et le jour nous amène une rencontre sympathique: Volcan.

 

Nous lui proposons un café et Hugo enfile rapidement son costume d’agent immobilier. Douche, frigo, lit, et que je te mime le toit ouvrant, eau chaude, eau froide, et que je te mime la température. Oui, Hugo mime à la perfection les fluctuations de l’eau. Ses talents d’acteur pour film muet grandissent de jour en jour. Il déploie une énergie sans précédent à chaque fois qu’il présente notre Pépère. Et puis Volcan repart. Et puis Volcan revient. Je crois que nos 3 mètres carrés lui ont plutôt inspiré de la pitié… Il nous invite dans un restaurant qui sera le plus onéreux de notre voyage jusqu’alors, et revient la nuit tombée pour nous ramener des vivres. Tu comprends mieux l’histoire de la patience ma grande?

Et cette fois-ci, au garage, ce sera la bonne. En deux minutes, soit 120 secondes (et encore je les soupçonne d’avoir joué aux cartes à un moment), les méchanos remettent le volant. C’est vrai que 17h02 ça aurait fait un peu tard il y a 2 jours…

Avant la Géorgie, un Hugo tout habillé nous comblera quand même d’une chute mémorable dans la rivière. Histoire de dire à Jérémy qu’il a surfé sur la roche en Turquie… On en profitera pour prendre une douche 5 étoiles dans les les eaux tumultueuses et bouillonnantes du torrent.

 À bientôt depuis le pays voisin!

 

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