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La Géorgie se mérite. Ce sera notre premier enseignement. En direction de la frontière, nous nous moquons allègrement des camions, amassés en file indienne à plusieurs kilomètres de la délivrance. Les voitures, elles, avancent paisiblement. Puis la Mer Noire se retrouve à notre droite. Nous avançons désormais en direction de… la Turquie! À notre gauche une file interminable de voitures. Hugo aura l’excellente idée de remuer le couteau dans la plaie en allant jouer le compteur. Nous sommes le 115ème véhicule. À raison de cinq minutes par voiture, notre patience va être mise à rude épreuve. Nos cerveaux même ne voudront faire le calcul. Derrière nous, une voiture immatriculée en Belgique. Le conducteur en sort et vient taper la discute. Pacha est tchétchène, et il retourne au pays en famille pour les vacances. Il est parti il y a trois jours. Il sera notre compagnon d’infortune, et nous convaincra d’aller voir un bout de ses terres au retour. Il nous vantera agilement les mérites de la Géorgie: l’hospitalité des Géorgiens, les routes de montagne, la nourriture…enfin un commentaire positif sur le pays! Les turcs ont eux été plutôt dissuasifs. Même en n’ayant saisi qu’un pourcentage infime de ce qu’ils racontaient, leurs imitations grotesques ne laissaient pas de place au doute: les Géorgiens sont des ours rustres et vociférant constamment.

Une certitude se dessine une fois la frontière franchie: ici la communication va être rude. Bonjour se dit « Camardjoba ». Les premiers jours, nous ne le placerons pas une seule fois. Cam… caja… et puis le bon vieux Hello reprendra vite du terrain! Même le langage des signes et cher ami Google ne nous seront d’aucune utilité. Nous cherchons à laver nos vêtements histoire de retrouver une certaine dignité, on nous amène dans un carwash. Puis dans un autre carwash. Certes Pépère ne brille pas par sa propreté. Et certes l’idée de laver mes petites culottes au karsher est tentante mais…non. Notre salut viendra d’un hôtel ou nous décidons de passer la nuit. Et de faire les lessives! Pépère aura du mal à passer pour s’installer dans le parking. Mais c’est sans compter sur notre Hugo plein de ressources. Nous dégonflons les pneus. Ça passe! Enfin presque. Mais les Géorgiens aussi sont toujours pleins de ressources! Ils montent à plusieurs sur le capot de notre bolide et l’utilisent comme un trampoline pour rabaisser l’engin. Pépère avance centimètre par centimètre, racle gentiment le plafond de l’allée, mais il parvient finalement au but. Il est en lieu sûr pour la nuit et nous allons profiter d’une « vraie » chambre. Et d’une petite dizaine de douches!

 

Batumi est la capitale de l’Ajari, une région un temps sécessionniste de la Géorgie, comme le sont l’Ossetie du sud et l’Abkhazie. Elle possède un parlement indépendant, mais est toutefois rattachée à la Géorgie, contrairement à ses voisines tombées dans le giron de la Russie.

Le soir, nous arpentons la ville. Le centre est coquet et peu représentatif du pays. Les voitures de luxe sont légion et bon nombre de Géorgiens paraissent plutôt aisés. Nous trouverons un bar sympathique et clairement bobo, où nous serons accueillis comme des rois. Et surtout, nous trouverons notre premier verre de vin depuis bien longtemps!

Le lendemain, la conduite géorgienne se rappelle à notre bon souvenir. Ici, les volants sont à gauche comme à droite. L’importation de véhicules japonais, moins onéreux, a façonné le pays et la conduite s’en ressent. Une simple file peut accueillir jusqu’à trois véhicules et l’état général des voitures indique clairement que nous sommes dans une attraction d’auto-tamponneuses géante. Autant dire que j’adore!

Nous filons dans le nord, vers la Haute Svanétie, appelée aussi le « Grand Caucase ». Les paysages et les routes sont splendides, et ce n’est que le début. À Mestia, nous verrons notre premier glacier, perché dans le creux des montagnes.

 

 

 

L’endroit est sympathique, mais se trouve être également le spot de montagne le plus touristique du pays. En témoigne un aéroport flambant neuf à quelques kilomètres de là.

Les contacts avec les Géorgiens ne sont pour le moment pas des plus chaleureux. Ils sont très peu affables, ne décrochent ni un sourire ni un bonjour, sauf quand le vino où le tchatcha, l’eau de vie locale, a remplacé le sang dans leurs veines. Nos plus belles « amitiés » se révéleront être avec des chiens, moi qui serait prête à faire un détour de plusieurs kilomètres en France quand le moindre panneau « Attention chien méchant » se dresse sur ma route. Même si ledit toutou se trouve être un caniche. Ici, ils viennent gentiment tâter le terrain dès que nous posons Pépère pour le bivouac. Je partage volontiers mon repas avec eux: si un chien est ton pote, il le sera pour la vie, et surtout, dans le cas présent, pour la nuit! Nuit qu’ils passeront souvent à hurler à la mort pour protéger leur nouveau campement dès que la moindre brindille cherchera à se frayer un chemin jusqu’à nous. Le matin, la vache aura pris la place du chien. À défaut de Géorgiens, nous nous faisons des amis à quatre pattes!

 Nous cherchons rapidement à fuir Mestia pour retrouver un endroit un peu plus intimiste. Sur la route, deux auto-stoppeurs cherchent à rejoindre Ushguli (prononcez Ousgouri en roulant le « r »). Après de multiples contorsions pour rentrer à l’arrière de Pépère l’inconfortable, tout ce joyeux petit monde arpente la route cabossée vers ce petit village de montagne…

 

 

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