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Juste de quoi donner envie...

December 9, 2017

Nous entrerons au Kirghizistan par une des frontières les plus impressionnantes qu’il nous ait été donné de voir jusqu’ici. La passe où se trouvent les douanes sera à plus de 4300 mètres d’altitude et nous plaindrons sérieusement les cyclistes que nous croiserons sur la piste. Nous sommes peut être un peu fous pour certains d’entreprendre ce voyage, eux sont carrément timbrés. Mais sacrément vaillants. Un voyageur qui rencontre un autre voyageur sera toujours un élément de comparaison: certains diront que nous sommes bien mal installés dans la carlingue de Pépère, préférant les nuitées au chaud ; d’autres, à l’image de nos auto-stoppeurs Géorgiens, nous percevrons tels des nababs au summum du luxe. Pour nous, les cyclistes sont certainement ce que nous représentons pour certains d’entre vous: des fous jusqu’au-boutistes qui cherchent à se mettre dans le dur. Respect mes amis à deux roues, je vous laisse vos pédales, je garde mon moteur! Mes fessiers s’en plaindront à peine...

Les douanes seront une formalité: ici pas de visa requis. On entre comme dans un moulin aux longues pales blanchies par la neige. Le Mont Lénine (7134 mètres à peine...) pointe sa cime tranchante et meringuée dans notre direction, accompagné de sa chaîne de dames blanches au garde à vous. Vous noterez le manque de pâtisseries françaises pointant à l’horizon, mais passons... Comme une sérieuse envie de fouiller le pays viendra nous animer, de ses monts enneigés à ses plaines sans fin. Mais ce ne sera pas pour cette fois-ci. Le tic-tac de l’horloge nous rappelle douloureusement que la Chine encore gagnera sur le temps. Avant même de rentrer, la géante de l’Est sera à l’origine de bien des frustrations. 

Nous élirons domicile dans un pré bosselé, à l’extrême limite des marécages, à quelques kilomètres de la ville de Sary Tash. La petite bourgade respire l’hiver, le froid et surtout la pénurie de gazole. Dommage, nous avions fait l’impasse au Tajikistan suite à la qualité médiocre du combustible... La flemme l’emportera le premier jour, après la dégustation d’un repas local fort appréciable. Après renflouage des réservoirs au matin, nous tenterons de trouver de quoi se substanter dans la ville voisine: ici du gazole, mais pas de restaurants. Retour à la case départ, dans le deuxième et dernier établissement que compte le gros village de Sary Tash. Après s’être rassasiés comme des gorets -la nourriture kirghize n’est certes pas variée, mais terriblement revigorante et roborative- nous nous dirigerons vers la supérette du coin. La veille, nous y avions fait quatre courses, raflant le stock de gaufrettes de l’échoppe, et observé que la vodka se buvait au comptoir. Nos hommes avaient alors commandé la mignonnette, servie par la jeune épicière. Très jeune épicière. La plus âgée des filles de la famille, tout juste la dizaine, sert ici les clients pendant que les fillettes du même âge jouent chez nous à la marchande. Avec du vrai argent et du vrai alcool. Un brin décalé, surtout quand il s’agit de servir des mineurs aux visages noircis par la suie venus chercher là la chaleur de l’alcool. Encore plus quand il s’agit de servir six européens complètement décontenancés par la situation. Les blagues fuseront à la vitesse du Sud-Ouest et les loustics se feront un plaisir d’inviter toute la clientèle de la petite échoppe. Un petite vieille passant par là ne se fera pas prier: un verre offert par de beaux gaillards lui rendrait presque toute sa hauteur.

 

La pénultième soirée se terminera comme elle avait commencé: un brin orgiaque en vodka, un brin bruyante en chanson française, un brin excessive en mal de crânes. Il fallait bien ça pour saluer comme il se doit les incroyables Stan’s! On notera la prouesse culinaire de nos deux jeunots pour clôturer en beauté la saison hivernale des bivouacs centrasiatiques: ils auront concocté des frites aux petits oignons (pas des Cévennes ndlr) pour l’ultime soirée: des frites à 3000 mètres d’altitude et sans friteuse. Timbrés ET plein de ressources!

Au petit matin nous rencontrerons la dream team chinoise, avant de s’envoler pneu contre pneu vers le géant rouge. Nous traverserons les nuages une dernière fois, au propre comme au figuré, avec comme un arrière goût amer gagnant les semelles.

N’avoir pu profiter comme il se doit du paradis blanc nous titillera les naseaux un bon moment. Chevaux kirghizes, yaks ventrus, paysages pointillistes aux milles nuances de gris, ne vous faites pas la malle, l’échantillon nous a conquis, nous reviendrons goûter à tout!

 

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